trois fois rien
17 10 07
poirpomparle
poirpomparle
Internet...
Le réseau informatique mondial. Composé d'une
multitude de réseaux répartis dans le monde entier,
communiquant en entre eux soit par liaison directe
soit en passant par des noeuds d'échange.
On s'en sert, entre autres, pour envoyer des e-mails à des êtres humains situés à l'autre bout de la planète, eux-même utilisateurs d'un ordinateur qui a la possibilité de se connecter à ce réseau informatique mondial. Un e-mail qui passe par des milliers de kilomètres de câbles avant d'arriver sur la machine réceptrice située quelque part ailleurs & capable de visualiser, de projeter le message original sur l'écran dudit ordinateur. Ce message est lu, sans doute compris et peut-être même apprécié par le destinataire. Car il est la preuve que quelqu'un, quelque part, pense à lui et crève d'envie d'échanger, de partager, d'apprendre et de comprendre toujours plus.
Dès le départ, les scientifiques ont adoré Internet. C'est même eux qui l'ont pondu.
Pourtant, à une certaine époque, il manque encore quelque chose. Trois fois rien. Quelque chose qui permettrait à n'importe qui sur la planète d'accéder au savoir. Pourtant défini bien avant, en 1965, par Ted Nelson:
“L’idée
m’est venue en octobre - novembre 1960 alors
que je suivais un cours d’initiation à
l’informatique qui, au début, devait
m’aider à écrire mes livres de philosophie. Je
cherchais un moyen de créer sans contraintes un
document à partir d’un vaste ensemble
d’idées de tous types, non structurées, non
séquentielles, exprimées sur des supports aussi
divers qu’un film, une bande magnétique, ou un
morceau de papier. Par exemple, je voulais pouvoir
écrire un paragraphe présentant des portes derrière
chacune desquelles un lecteur puisse découvrir encore
beaucoup d’informations qui
n’apparaissent pas immédiatement à la lecture
de ce paragraphe.”
L'hypertexte. C'est ce que Ted Nelson définit en 1965. Un système contenant des documents liés entre eux par des hyperliens permettant de passer automatiquement du document consulté à un autre document lié.
Un système hypertexte distribué sur le réseau informatique mondial. C'est ce que Tim Berners-Lee propose en mars 1989, alors qu'il travaille comme informaticien à l'Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire. Qu'il met au point avec Robert Cailliau, son collègue de travail avec qui il a l'habitude de boire un petit café serré sans sucre à la pause de 11 heures.
http://nxoc01.cern.ch/hypertext/WWW/TheProject.html

Première et unique page
disponible le 13 novembre 1990. À l'époque hébergée
sur le serveur nxoc01.cern.ch
installé sur
un ordinateur NeXT Cube, station de travail haut de
gamme, propriété de Berners-Lee. Aujourd'hui
disparue, cette page est conservée dans les archives
du W3C.
WWW.
World Wide Web.
Trois W.
Trois fois rien.
Berners-Lee & Cailliau accouchent d'un truc inexplicable gros comme la Terre.
On peut désormais non seulement communiquer mais également proposer un contenu consultable par tous, potentiellement n'importe où.
En 92, on ne compte pas moins de 26 sites Web techniquement fiables et stables. Suffisamment pour être consultés par un être humain utilisant l'outil approprié: un ordinateur connecté à un canal de communication et équipé d'un logiciel permettant l'affichage des informations consultées - un navigateur.
En juin 93, 130 sites Web ont été créés. Ce chiffre passe à 623 en décembre. Cette année-là voit l'apparition d'images sur les pages et de formulaires, offrant la possibilité aux visiteurs des sites de saisir des informations directement via la page.
Un truc de malade. Le premier qui a écrit son nom dans une case en a chié des ronds de serviette pendant deux mois.
En 95, on compte plus de 20 000 sites. Et Altavista apparait. Le premier moteur de recherche qui référence, progressivement, tout ce qui existe sur le Web. Un travail de fourmi titanesque.
Google ne verra le jour qu'en 1998, à une époque où on dénombre plus de deux millions de sites.
Le 15
janvier 2001, La version anglophone de Wikipedia -
encyclopédie participative - est mise en ligne par
Jimmy Wales & Larry Sanger. La version française
- la première non-anglophone - voit le jour le 23
mars de la même année.
Le Wiki: un système qui offre la possibilité à tous les visiteurs d'un site d'en modifier le contenu, permettant ainsi de proposer des informations régulièrement et constamment mises à jour. D'étoffer, par la base, le champ des connaissances humaines. Certains passent des nuits entières à enrichir la base de données, proposer leur savoir. D'autres corrigent les erreurs. D'autres encore réinventent l'histoire, balayent sous le tapis, nient les évidences pour éviter de rougir en public. Puisque tout le monde peut y toucher, les mains sales y laissent également leurs empreintes invisibles. Mais qu'importe, l'outil est bel et bien là. Il s'agit là d'un site parmi les 27 millions existants.
En 2003, parmi les 40 millions de sites existants, apparaît un joyeux fourre-tout : Myspace. Un site qui offre à chaque utilisateur un espace en ligne: photos, musique, vidéos, texte... Tout le monde peut montrer ses talents, exprimer ses idées. Se faire dorer le blason. Les plus cyniques détracteurs l'appellent “myspute”.
Parce que tu roules du cul devant les autres en espérant vendre tes faveurs.
C'est
ça, Myspace. Un endroit où tu te montres - sans pour
autant te foutre à poil sur la place du village en
chantant du Bézu - en espérant que plein d'autres
aiment suffisamment ta petite gueule pour acheter ta
musique, tes DVD, tes tire-bouchons. C'est aussi un
moyen de communiquer facilement avec ceux qui ont les
mêmes centres d'intérêt que toi. Comme un forum, en
moins austère. Plus clinquant. Moins geek.
Plus 2.0.
Le monde entier est invité à déverser son fatras.
En 2004, Mark Zuckerberg a un petit problème. Il a une gueule de têtard sans hublot et des tatanes au pied. Mais ce n'est pas ça le problème: il est étudiant dans une école étasunienne qui dégueule de fric mais, bientôt, la fête sera finie et il sera catapulté dans le monde du travail. À peine dépucelé, il va devoir jouer des coudes pour survivre. Contacter un ancien, déjà dans le monde des requins, lui épargnerait bien des soucis. Il pourrait tenter de lui faire les yeux doux, celui-ci lui dégoterait un job. Mark éviterait ainsi la déchéance, la honte, la boisson, la dépression, la violence, la prison et la mort.
Le rêve américain n'a que deux vitesses.
Il enfile un pantalon, garde ses tatanes et se précipite dans les archives de son école en quête de trombinoscopes. Et là, c'est le drame. Ces trucs sont vieux, moches, poussiéreux et illisibles. Et ça pue le champignon.
J'en connais un qui va se gaver devant les recruteurs.
Bouffe ton voisin. BOUFFE-LE!
Alors
il crée Facebook. Un trombinoscope en ligne qui
permet de saisir toutes ses informations
personnelles: école, job, lieu de résidence,
coordonnées... L'intérêt est de créer des liens entre
ceux qui ont certaines choses en commun. Lien
engendre réseau engendre boulot ou sexe ou autre.
D'abord réservés aux étudiants, le site s'ouvre
progressivement aux militaires. Et ça n'est que le
début.
Dans la nuit du 18 au 19 juin 06, on dénombre 90 millions de sites internet. Et une toute jeune rédaction intergalactique, agglutinée devant un écran 15,2 pouces d'un powerBook G4 cadencé à 1,5GHz, a le visage tâché de sang et les testicules comme des pamplemousses de Floride.
L'ordinateur a été trouvé d'occasion par petite annonce et payé par chèque.
Has been.
Le sang provient des larmes versées des nuits entières pour mettre au point, dans l'ombre, un projet complètement dingue.
Un blog.
Ouf, les mecs. Des frappa-dingues de première catégorie.
Css, html, div, padding, float... Un cauchemar codé pour les jeunes pousses qui savent à peine lire leur langue maternelle.
La taille des protubérances testiculaires est due, elle, au bouton survolé par le pointeur de la souris.
Envoyer sur le serveur.
Là, normalement, il faut cliquer. Et ledit serveur n'est pas un Next Cube.
Êtes-vous vraiment sûr de vouloir faire çà?
Silence de mort.
Ça peut p't'êt' attend' demain, non ?
Il y a un début à tout.
Poirpom vient au monde.
Trois fois rien.
Octobre 07. Depuis le 24 mai, Facebook est ouvert à tous et compte plus de 45 millions de membres.
Après maintes tentatives, bien des erreurs de parcours & de jeunesse, nombre de fautes de frappe & de goût, la rédaction - collectionneuse de pamplemousses - s'apprête une fois de plus à envoyer sur le serveur.
Et oui, nous sommes bien sûr de vouloir faire çà.
**Merci d'imaginer roulements de tambour et couinements de trompette en parfaite harmonie**

Poirpom revoit sa copie. Encore. Tendance - pathologique? - à gommer le passé pour essayer de construire l'avenir.
Tentative(s) de tendre vers quelque chose. Qui reste encore à définir.
La route est encore longue vers çà.
Tout le monde est d'accord: tout le monde s'en fout.
Mais il fallait absolument prévenir les fidèles lecteurs qu'une mise à jour a eu lieu.
À l'heure actuelle, on dénombre plus de 110 millions de sites Web. Plus un plus un plus un...
Mr Berners-Lee, merci.
Les trois W sont un bien beau cadeau.
Poirpom évolue. Encore. Et encore. Et encore...
Langues déliées, les commentaires sont à vous.
___________
en savoir plus:
*Web
- la première page du World Wide Web (sobre et classe)
- NeXT Cube
- WWW
- Révolution 2.0, Hors-série de Courrier international
*Poirpom
- page d'accueil (avec des images!)
- contact (avec formulaire pour saisir des informations à même la page!)
- Myspace
- Facebook
- Youtube
- Face B
On s'en sert, entre autres, pour envoyer des e-mails à des êtres humains situés à l'autre bout de la planète, eux-même utilisateurs d'un ordinateur qui a la possibilité de se connecter à ce réseau informatique mondial. Un e-mail qui passe par des milliers de kilomètres de câbles avant d'arriver sur la machine réceptrice située quelque part ailleurs & capable de visualiser, de projeter le message original sur l'écran dudit ordinateur. Ce message est lu, sans doute compris et peut-être même apprécié par le destinataire. Car il est la preuve que quelqu'un, quelque part, pense à lui et crève d'envie d'échanger, de partager, d'apprendre et de comprendre toujours plus.
Dès le départ, les scientifiques ont adoré Internet. C'est même eux qui l'ont pondu.
Pourtant, à une certaine époque, il manque encore quelque chose. Trois fois rien. Quelque chose qui permettrait à n'importe qui sur la planète d'accéder au savoir. Pourtant défini bien avant, en 1965, par Ted Nelson:
L'hypertexte. C'est ce que Ted Nelson définit en 1965. Un système contenant des documents liés entre eux par des hyperliens permettant de passer automatiquement du document consulté à un autre document lié.
Un système hypertexte distribué sur le réseau informatique mondial. C'est ce que Tim Berners-Lee propose en mars 1989, alors qu'il travaille comme informaticien à l'Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire. Qu'il met au point avec Robert Cailliau, son collègue de travail avec qui il a l'habitude de boire un petit café serré sans sucre à la pause de 11 heures.
http://nxoc01.cern.ch/hypertext/WWW/TheProject.html

WWW.
World Wide Web.
Trois W.
Trois fois rien.
Berners-Lee & Cailliau accouchent d'un truc inexplicable gros comme la Terre.
On peut désormais non seulement communiquer mais également proposer un contenu consultable par tous, potentiellement n'importe où.
En 92, on ne compte pas moins de 26 sites Web techniquement fiables et stables. Suffisamment pour être consultés par un être humain utilisant l'outil approprié: un ordinateur connecté à un canal de communication et équipé d'un logiciel permettant l'affichage des informations consultées - un navigateur.
En juin 93, 130 sites Web ont été créés. Ce chiffre passe à 623 en décembre. Cette année-là voit l'apparition d'images sur les pages et de formulaires, offrant la possibilité aux visiteurs des sites de saisir des informations directement via la page.
Un truc de malade. Le premier qui a écrit son nom dans une case en a chié des ronds de serviette pendant deux mois.
En 95, on compte plus de 20 000 sites. Et Altavista apparait. Le premier moteur de recherche qui référence, progressivement, tout ce qui existe sur le Web. Un travail de fourmi titanesque.
Google ne verra le jour qu'en 1998, à une époque où on dénombre plus de deux millions de sites.
Le Wiki: un système qui offre la possibilité à tous les visiteurs d'un site d'en modifier le contenu, permettant ainsi de proposer des informations régulièrement et constamment mises à jour. D'étoffer, par la base, le champ des connaissances humaines. Certains passent des nuits entières à enrichir la base de données, proposer leur savoir. D'autres corrigent les erreurs. D'autres encore réinventent l'histoire, balayent sous le tapis, nient les évidences pour éviter de rougir en public. Puisque tout le monde peut y toucher, les mains sales y laissent également leurs empreintes invisibles. Mais qu'importe, l'outil est bel et bien là. Il s'agit là d'un site parmi les 27 millions existants.
En 2003, parmi les 40 millions de sites existants, apparaît un joyeux fourre-tout : Myspace. Un site qui offre à chaque utilisateur un espace en ligne: photos, musique, vidéos, texte... Tout le monde peut montrer ses talents, exprimer ses idées. Se faire dorer le blason. Les plus cyniques détracteurs l'appellent “myspute”.
Parce que tu roules du cul devant les autres en espérant vendre tes faveurs.
Le monde entier est invité à déverser son fatras.
En 2004, Mark Zuckerberg a un petit problème. Il a une gueule de têtard sans hublot et des tatanes au pied. Mais ce n'est pas ça le problème: il est étudiant dans une école étasunienne qui dégueule de fric mais, bientôt, la fête sera finie et il sera catapulté dans le monde du travail. À peine dépucelé, il va devoir jouer des coudes pour survivre. Contacter un ancien, déjà dans le monde des requins, lui épargnerait bien des soucis. Il pourrait tenter de lui faire les yeux doux, celui-ci lui dégoterait un job. Mark éviterait ainsi la déchéance, la honte, la boisson, la dépression, la violence, la prison et la mort.
Le rêve américain n'a que deux vitesses.
Il enfile un pantalon, garde ses tatanes et se précipite dans les archives de son école en quête de trombinoscopes. Et là, c'est le drame. Ces trucs sont vieux, moches, poussiéreux et illisibles. Et ça pue le champignon.
J'en connais un qui va se gaver devant les recruteurs.
Bouffe ton voisin. BOUFFE-LE!
Dans la nuit du 18 au 19 juin 06, on dénombre 90 millions de sites internet. Et une toute jeune rédaction intergalactique, agglutinée devant un écran 15,2 pouces d'un powerBook G4 cadencé à 1,5GHz, a le visage tâché de sang et les testicules comme des pamplemousses de Floride.
L'ordinateur a été trouvé d'occasion par petite annonce et payé par chèque.
Has been.
Le sang provient des larmes versées des nuits entières pour mettre au point, dans l'ombre, un projet complètement dingue.
Un blog.
Ouf, les mecs. Des frappa-dingues de première catégorie.
Css, html, div, padding, float... Un cauchemar codé pour les jeunes pousses qui savent à peine lire leur langue maternelle.
La taille des protubérances testiculaires est due, elle, au bouton survolé par le pointeur de la souris.
Envoyer sur le serveur.
Là, normalement, il faut cliquer. Et ledit serveur n'est pas un Next Cube.
Êtes-vous vraiment sûr de vouloir faire çà?
Silence de mort.
Ça peut p't'êt' attend' demain, non ?
Il y a un début à tout.
Poirpom vient au monde.
Trois fois rien.
Octobre 07. Depuis le 24 mai, Facebook est ouvert à tous et compte plus de 45 millions de membres.
Après maintes tentatives, bien des erreurs de parcours & de jeunesse, nombre de fautes de frappe & de goût, la rédaction - collectionneuse de pamplemousses - s'apprête une fois de plus à envoyer sur le serveur.
Et oui, nous sommes bien sûr de vouloir faire çà.
**Merci d'imaginer roulements de tambour et couinements de trompette en parfaite harmonie**

Poirpom revoit sa copie. Encore. Tendance - pathologique? - à gommer le passé pour essayer de construire l'avenir.
Tentative(s) de tendre vers quelque chose. Qui reste encore à définir.
La route est encore longue vers çà.
Tout le monde est d'accord: tout le monde s'en fout.
Mais il fallait absolument prévenir les fidèles lecteurs qu'une mise à jour a eu lieu.
À l'heure actuelle, on dénombre plus de 110 millions de sites Web. Plus un plus un plus un...
Mr Berners-Lee, merci.
Les trois W sont un bien beau cadeau.
Poirpom évolue. Encore. Et encore. Et encore...
Langues déliées, les commentaires sont à vous.
___________
en savoir plus:
*Web
- la première page du World Wide Web (sobre et classe)
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