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Redémarrage en cours

L'apaisant chaos du renouveau

On fête quoi ? L’année pourrie qui se termine ou celle pleine de promesses qui démarre ?

C’est toujours difficile de démarrer — un réveillon à l’écart de l’agitation ou un simple texte rédigé sur un coin de table. Il y a deux écoles : les chemins de traverse, ou les pieds dans le plat.

S’adresser à l’autre, c’est parler de soi. En espérant que l’information transmise fasse écho, invite au rebond, voire au dialogue.

Dans les rues et sur les tables et dans les cœurs, le 31 décembre, c’est le bordel. T’as pas fait la moitié de ce que tu pensais accomplir, et tu t’es pris les pieds dans le tapis pour faire l’autre moitié. Tout ce joyeux foutoir se déverse alors dans les rues et sur les tables et dans les cœurs.

Tu déverses des moments et des personnes. Tu veux parler d’elles mais pas trop. Ne pas incommoder, ne pas tromper, ne pas blesser. Alors tu ouvres ton dictionnaire.

Empathie : Capacité de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui, de s’identifier à lui.

Son honnêteté te fait mal. Le chemin est long (sans garantie d’arriver à quoi que ce soit), et tes capacités limitées — cette honnêteté-là aussi fait mal.

Tu as présenté ta démission le mercredi 14 décembre 2022, une de ces journées où le froid pinçait la peau. Quand on t’a proposé d’aller voir ailleurs, quelques jours plus tôt, tu as dit oui sans réfléchir.

Intuition : Connaissance immédiate de la vérité sans l’aide du raisonnement.

Oui, ton 31 a commencé le 14 cette année. Jamais trop tôt pour bien faire. La douille provoquée par cette décision non-anticipée, tu la pressentais. Mais pas à ce point.

Tu l’as d’abord dit à la première concernée. Tes mots sont sortis de travers, le moment a été parasité. Le pincement était bien là, ni sur la peau, ni dû au froid. Une douille. Le soir même, tu as pris la main des personnes que tu voulais sentir tout près pour leur révéler; le lendemain, tu as appelé celles à qui il fallait chuchoter plutôt que dire; le jour suivant, tu l’as annoncé à la volée pour crever l’abcès. Encore des douilles.

Plus tard, le 2 janvier, en réponse à ton message de fanfaron en congé payé, un texto te fait remonter le temps.

Photo de fanfaron en congé payéPhoto de fanfaron en congé payé

Merci pour les photos. Ça a un petit goût de 15 août, c’est hyper agréable.

Le 15 août en question a été le point culminant d’une période délicieuse : l’été 2022. Souvenir à chérir : tu as plané à deux mille, laissé tes émotions t’emporter, essayé d’être plus intelligent — cet été t’a remis sur des rails.

Douceur et tendresse, mon con. Tes jours son comptés.

Si l’été pouvait parler…

La descente, à compter du 16 août, a été d’une brutalité dont tu ne t’es jamais remis. Un coup de poing dans le ventre qui s’est étiré sur des mois et t’a coupé le souffle tout du long. La laideur a pété les rotules de l’été, puis a repris les commandes.

Le monde est brutal, mon p’tit chat. Tu vas devoir composer.

Si la laideur pouvait parler…

Un malaise s’est installé, et tu as fait ce que tu hais : le déverser sur tes proches. À une nuance près : tu t’es agrippé aux jolies choses et aux jolis gens qui ne t’ont pas lâché. Toute la différence.

Et une conversation un soir de début décembre est venu tout secouer.

— Ça te dirait de venir travailler avec nous ?
— Oui.

Une semaine plus tard, le 14 aux allures de 31 — un vrai foutoir — a pourtant tout remis en place dans ta tête : redonner toute leur importance aux personnes que tu apprécies depuis des années, apprécier toute la valeur de celles récemment installées au plus près de toi, faire toute la place à celles qui pourraient en trouver une à l’avenir (que tu les connaisses déjà ou non). Le cœur bat la chamade rien qu’à l’idée — aux idées.

Tu as appris un nouveau mot cette année.

Délicatesse : Caractère de celui qui agit avec finesse.

Balaise. Au coude à coude avec empathie. Tu es encore bien maladroit, tu as des ratés. Mais tu comprends toute l’intelligence qui se cache derrière ce mot-là.

Je suis super content ma puce, l’air commençait à manquer au boulot, fallait ouvrir la fenêtre et partir gambader. Très bon choix.

Honnête et direct — il n’y a qu’un vieil ami pour écrire ainsi.

Le 2 janvier, le surlendemain du 31 qui a commencé le 14, tu fanfaronnes sur Gambino ton beau vélo pendant ta journée de congé payé. Rien n’a changé mais tout a changé :

  • tu vas finir ce que t’as à faire propre;
  • tu vas attaquer la suite serein;
  • tu vas laisser ton cœur battre la chamade tout du long et même après.

Même si tu fais dans ton froc pour tout ça, le foutoir devient une ligne de conduite. C’est l’idée — le prochain 31 viendra tout remettre à plat.

Redémarrer : Se remettre à marcher, prendre un nouvel essor.

2 janvier 20232 janvier 2023

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