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Angers → Nantes : deux dérapages

Tout commence par un paquet de Malbac Light

Ce n’était pas du tout prévu. Le week-end devait se limiter à Mémé lave ses liquettes et Mémé ronfle.

Ce qui était prévu

Jeudi soir. Boire un verre et rentrer. Pour agrémenter ledit verre, faire un détour par le buraliste pour se fournir en Malbac light. Classiques, efficaces, indémodables. Quitte à se flinguer la soirée avec une activité sociale, autant se flinguer les poumons avec.

Ce qui a dérapé

Verres, clopes, tout ça c’était super. C’est le détour par le buraliste qui a dérapé. Un prospectus sur le comptoir, devant le terminal de paiement électronique : La fête du vélo en Anjou ce dimanche. Quatre boucles entre Angers et Liré, à deux pas d’Ancenis. 20 à 30 kilomètres par boucle, une circulation réduite ou redirigée pour permettre aux cyclistes flippés de base de déambuler en toute tranquillité et aux p’tites familles de vivre un moment de complicité parents-enfants.

Ce qui a germé

  • La fête à Neuneu, on s’en carre.
  • Les boucles, on s’en carre.
  • Les flippés, on s’en carre.
  • Les familles, on s’en carre.
  • L’idée d’aller crapahuter par là-bas, on valide

Ce qu’il s’est passé

Arrivée en gare d’Angers Saint-Laud à 7h42 le dimanche matin. Sur le parvis, deux têtards en casquette aux yeux vitreux commentent la ville : l’un y vit et s’y emmerde ferme, l’autre n’y vit pas mais confirme l’impression d’ennui qui s’en dégage.

Après avoir longé le château, la Maine, affluent de la Loire, est dans la place. Première gifle, première banane : l’entrée dans le parc Balzac se fera le long des quais pour se retrouver rapidement sur une langue de terre de quelques mètres de large et de deux kilomètres de long coincée entre l’affluent et le Lac de Maine.

Ces deux petits kilomètres donnent le ton : tu vas t’en prendre plein la gueule, ma gueule. Toute la journée. De Béhuard, petit village d’une centaine d’habitants sur une île de la Loire, tellement mignon qu’on dirait un décor de Disneyland, à l’île de Chalonnes, sauvage et paisible. Des grimpettes sur les coteaux au coca zéro du bar de la marine à Montjean-sur-Loire, dont la terrasse fleure déjà la saucisse et l’oignon grillés dès 10h30 du matin, la journée n’a fait que des cadeaux.

Il y a aussi toutes les bricoles que les cartes postales ne montrent pas : une chemise manches longues devient une chemise manches repliées devient une boule de tissu coincé sur le porte bagages ; la flopée d’insectes qu’on peut ingurgiter quand on se promène dans ce genre de zone humide ; les tentes posées sauvagement ça et là sur les bancs de sable exposés du fond de la Loire ; la logorrhée mentale qui jamais ne cesse ; la douleur grandissante aux genoux.

Ce qui a dérapé (bis)

Un très mauvais calcul est à l’origine d’un autre dérapage. 

Le mauvais calcul : la distance entre Angers et Ancenis. Distance supposée avant le départ (et sans vérification aucune) : 100 kilomètres. Avérée pendant le trajet : 70/80 en longeant la Loire et en comptant les détours et égarements. S’arrêter à Ancenis et prendre un train pour rentrer à Nantes eut été possible. Sage, même.

Naaan.

Le tronçon d’Ancenis à Oudon se passe en douceur. Là, il est judicieux — d’expérience — de repasser sud Loire pour poursuivre : la balade y est plus agréable, le chemin plus praticable. À la Pinsonnière, repasser Nord Loire pour rejoindre Mauves, l’un des endroits les plus cool du coin, à 20 bornes de Nantes seulement. Sur la pelouse en bord de Loire, des dizaines de personnes sont étendues, en pleine séance de bronzette. Avec les 30 degrés, le grand bleu et le grand soleil, la plage de Mauves fait rôtissoire pour humains en carence de vitamine D.

L’arrivée à Nantes, 120 km au compteur, se fera une heure plus tard. Les genoux grincent comme le portail de la maison de mémé et la peau est brûlante comme du bitume d’autoroute le premier week-end d’août. La douche, simple jet d’eau dans un premier temps, est un choc thermique qui sauve une vie.

Dans la chaleur de la nuit

Quelques heures plus tard, c’est une pizza 5 fromages qui viendra enterrer assommer apaiser conclure cette journée.

Minuit passé. Tous les voisins sont couchés. Outre la rumeur, quelqu’un touille quelque chose très fort là-bas au loin. Un geste énergique — agacé — dans une cuisine à la fenêtre bruyamment ouverte sur le monde.

L’heure tardive incite à filer au lit, la brise ambiante invite à profiter de la nuit.

Juste une minute. Dans l’obscurité. Pour apaiser la logorrhée et les genoux. Après c’est dodo. Promis.

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