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Lady Jpeg 1/6 | Prologue

Comment une photo de playmate a fini dans les labos d’imagerie numérique.

Avertissement cordial: Cette série d’articles contient des images de nudité. 😳

Ces filles n’existaient pas dans la vraie vie. Elles étaient en caoutchouc. On les gonflait et on faisait un nœud. On pouvait y étaler de l’onguent.
— Miles Monroe, Sleeper”, décembre 2173

Le mercredi 21 mai 1997, grâce à Playboy, les convives d’une pyjama party chialent en suçant leurs pouces devant Dirty Dancing.

Les convives en pyjama

Cravates à motifs, chemises de premiers communiants et costards de croque-mort pour les nombreux messieurs; foulards en soie , tailleurs cachemire et chaussures vernies pour les trop rares dames. Sur presque tous les visages, des sourires de groupies devant une rock star. Les yeux légèrement embués et les pommettes rosies. Pour les plus émotifs, comme Jeff Seideman, une légère odeur de coopérative agricole à l’arrière-train.

La party

Moquette mouchetée, tables rondes et nappes blanches. Serviettes: chapeaux pointus sur la plupart des assiettes, déroulées sur les cuisses des affamés. Lampes d’ambiance à toutes les tables. Estrade avec pupitre en bois éclairé par une découpe. Seideman est agrippé au pupitre. Il déroule son discours. Bravos et mercis après deux journées de débats et d’ateliers sur l’imagerie numérique. Algorithmes et équations à tous les repas. Du petit lait pour ces messieurs dames, de la pisse pour le reste du monde.

Leur Dirty Dancing

Une image projetée sur l’écran derrière Seideman. Format carré. Le portrait d’une jeune femme. Des couleurs douces et chaudes. Un très joli chapeau. À frou-frou. De longs cheveux châtain, parenthèses autour de son visage. Un regard à tomber, un sourire de Joconde, une épaule à croquer. Fondus enchaînés sur la même image. Triturée. Floue, accentuée, bruitée, compressée. La même image. Maltraitée depuis vingt-cinq ans par les ingénieurs et scientifiques spécialistes en imagerie numérique. La même image. Qui fait rêvasser tout le monde dans la salle. À quelques grincheux près. Fondu au noir.

Cette image, c’est toute une histoire. Mais grâce à Playboy, tout le monde l’appelle Lenna, tout simplement.

Si l'envie vous prend d'engager la conversation, parlez avec vos doigts :)

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